14 avril 2006

Intégrisme nouveau genre

Funny how spending time outside of "home" gives you a critical eye on everything "your" people do or say. It is a very healthy yet sort of schizophrenic perspective that is sometimes refreshing, sometimes annoying. Being in Western Canada is interesting in that regard. I'm still home, but not quite, so this distance provides me just enough access to what goes on in Québec to stimulate my sceptical radar. The last saga...
The Conseil de la souveraineté du Québec (CSQ) (http://www.souverainete.info) recently published a pedagogical tool entitled Parlons de souveraineté à l'école. Their agenda is by no means hidden: they promote sovereignty. The goal behind their book couldn't be more obvious:

le Conseil de la souveraineté a lancé un guide pédagogique faisant la promotion de la souveraineté destiné aux élèves de la maternelle à l'université (http://www.radio-canada.ca/radio/maisonneuve).

Pretty straightforward, isn't it?
Now, I have not seen the book... I have just heard of comments here and there, so I cannot comment on the quality of the pedagogical materials. Nonetheless, it seems to me that everyone is so concerned with the public opinion that even André Boisclair, the Parti Québécois leader, dismissed its pedagogical value right off the bat. The consensus that emerged is that it should not be part of the curriculum. Okay, fair enough.
But let's ponder two aspects of the issue. First of all, this book was not commissioned by a governmental agency of any kind. A group of citizens thought that their opinion was as valid as anyone else's and decided to publish a book that would give teachers means to talk about an "other" political option. I think this deserves respect.
Secondly, people got mixed up between the real issue and their own emotional and political nonsense. Some talked about skewed curriculum, the greatness of our country, and even indoctrination. Wait a minute here... If children are NOT learning about sovereignty in school, what it means and would entail, but only discuss traditional Canadian history and political system, couldn't THAT qualify as indoctrination? It seems doubtful that pupils are actually learning about all political options, as CSQ points out:
Le Conseil de la souveraineté juge nécessaire de publier un tel outil en réponse à ce qu'il juge être de la propagande fédéraliste en milieu scolaire. Publié aux éditions Les Intouchables, l'ouvrage sera disponible en vente libre, mais ne sera pas imposé dans les écoles (http://www.radio-canada.ca/radio/maisonneuve).
In any case, it became clear to me that very early on in the debate people forgot about the very purpose of the book itself. Our responsibility as adults towards our children is Education, that's right with a big E. I got so upset that I decided to write a response in Le Devoir (April 5, 2006). Here is my reaction:

Il ne s'agit pas ici de faire le procès de l'idéologie souverainiste ou fédéraliste, mais simplement de décider si nous voulons, oui ou non, donner à nos enfants les outils nécessaires pour devenir libres penseurs et citoyens avertis. Nous savons tous que les livres d'histoire présentent une version biaisée de la réalité, celle des conquérants bien sûr. Le meilleur exemple nous vient des Antilles françaises, où pendant longtemps on apprenait aux écoliers qu'ils étaient descendants... des Gaulois !


Une initiative visant à informer nos élèves de toutes les options politiques existantes, à leur permettre d'analyser le pour et le contre de chacune, me semble tout à fait sensée. Ils n'en seront que mieux servis et pourront prendre une décision réfléchie lorsqu'ils se présenteront aux urnes. Pourquoi avons-nous peur de former nos jeunes esprits à développer leur pensée critique ?

Nous nous indignons lorsque les écoles américaines refusent de mettre à leur programme la théorie de l'évolution... Faire de l'option souverainiste un tabou ne revient-il pas à un intégrisme nouveau genre ?

Since you're probably wondering... As for my own position on the independentist option, I have spent so much time outside of Québec that I don't know anymore. But one piece of advice, if I may: for those of you Canadians who did not understand my comment in Le Devoir, hurry up and learn French before it's too late...

4 commentaires:

Idealistic Pragmatist a dit...

My, my, you didn't start your blogging "career" off with an easy topic, did you?

I heard about this issue at the time it happened, but--perhaps in part because I was reading about it in the anglophone Canadian press--I had a rather different reaction to it. To me, saying that if Québec children learn about Canadian history and politics in school they should also learn about sovereignty is a false dichotomy. The counterpoint to learning about Canada and its history and politics in school isn't learning about sovereignty in school, it's learning about Québec and its history and politics in school. I'm certain that this already happens!

On the other hand, the counterpoint to learning about the ideology of sovereignty in school would be learning about the ideology of Canadian national unity. It would seem to me that there would be ethical dilemmas involved in teaching either of these, especially since this can be such a divisive issue in Québec. As far as I'm concerned, the facts of history and politics belong in the classroom. Ideologies do not.

As you say, it would seem to me that "donner à nos enfants les outils nécessaires pour devenir libres penseurs et citoyens avertis" is an important and noble goal. I just doubt that can be done by training them to be ideologues. Writing a tome to express your opinion is to be respected, yes, but making educational materials to educate young children about a particular ideology in the classroom--any ideology--is extremely problematic. There are many ways of "informer nos élèves de toutes les options politiques existantes" without doing that.

In any case, welcome to the online "universe," and congratulations on getting your comment published in Le Devoir! I hope you're not rueing the day you told me about this blog. We can get a little argumentative at times. :-)

Anonyme a dit...

QA,

Je me réjouis d'être l'un des premiers à laisser un commentaire en réponse à ton tout premier message affiché ! De plus, je profite de ce bel environnement bilingue pour te faire part de mes commentaires en français, tâche qui se fait (et qui se fera) probablement peu souvent par un Anglais.

Après avoir réfléchi à tes pensées, je me dois de commenter certains propos.

Pendant longtemps mon opinion sur la souveraineté du Québec alternait entre le oui et le non. Le oui car mes séjours au Québec m'ont permis de mieux comprendre les sentiments des séparatistes envers une nation québécoise distincte. Le non... pour des raisons simplement égoïstes: je ne désirais point que le Canada ne devienne un pays moins uni qu'il ne l'est à présent.

Récemment, j'appuyais plus le camp du non, mais je ne savais pas pourquoi. Et puis, la semaine passée, Michel Tremblay a parlé pour moi en se prononçant à ce sujet. Il n'est plus pour un Québec souverain parce que la notion d'un Québec libre est devenu une question économique plutôt que culturelle. Aujourd'hui, on met trop d'emphase sur la capacité de la province de Québec de pouvoir se payer ce qu'il faut au lieu de vouloir poursuivre pleinement la protection de ses richesses culturelle et linguistique.

Cela dit, je constate qu'il y a maintenant un important discours nouveau qui entoure le sujet de la souveraineté, thème qui, selon moi, devrait être étudié à l'école (l'école est pour moi un endroit où on tente d'éliminer les biais, ce qui n'est pas le cas à la maison, où les opinions des parents exercent une influence phénoménale sur les enfants). Comme pour toute chose d'ordre politique, social, scientifique, etc., la question de souveraineté devrait faire l'objet de discussions scolaires, tant au niveau élémentaire qu'universitaire. Ne pas soulever ce sujet en classe serait irresponsable de la part des éducateurs et des parents. On en parle chez soi, alors pourquoi pas aborder ce sujet dans l'institution d'enseignement? Ainsi, les élèves/étudiants pourront s'exprimer, s'entreparler et se formuler des opinions plus informées.

Pourtant, je ne crois pas qu'il serait acceptable d'utiliser du matériel provenant d'une source non vérifiable. Même si je ne connais pas cet organisme dont tu parles, je pense qu'il est tout de même possible de tirer du livre sur la souveraineté des informations qui touchent les conséquences éventuelles, à la fois positives et négatives, afférentes à la souveraineté et les transmettre à tous, sans égard à leur âge. Il s'agit d'une question inéluctable qui mérite d'être discutée.

Quant à ta dernière phrase "But one piece of advice, if I may: for those of you Canadians who did not understand my comment in Le Devoir, hurry up and learn French before it's too late...", où voudrais-tu en venir ? Souhaiterais-tu laisser entendre que le Québec perdra son français ? Ou cherches-tu plutôt à aiguillonner les maudites têtes carrées pour qu'elles apprennent le français et qu'elles soient par la suite prêtes à faire affaires avec un Québec libre ?

Un excellent début, QA. Je compte flairer ta page régulièrement.

Idealistic Pragmatist a dit...

AP,

(Sorry for the English; I'm embarrassed of my French!)

From where I stand, there's more of a reason to support a no vote than just "des raisons simplement égoïstes." My biggest issue with Québec sovereignty, even more so than "it would be SAD for us!", is that if francophone Canadian culture is a "société distincte" (which I'm in agreement with), then it's still a "société distincte" that's not limited by any means to the borders of Québec. On the contrary, it would seem a bit "égoïste" for the Québecois to say "well, most of us live here, so the hell with the rest of you."

QA,

I forgot to mention--I love the truly bilingual nature of the blog. There are other Canadians who have blogs where everything is in both languages, but I love the idea of a blog where the author and the commenters move fluidly from one to the other. It's very you!

Québécoise ambulante a dit...

Wow... I woke this morning with so much to respond to! This is great!

IP:

You brought an excellent point when you say "the counterpoint to learning about the ideology of sovereignty in school would be learning about the ideology of Canadian national unity. It would seem to me that there would be ethical dilemmas involved in teaching either of these."

I also think that discussions weighing the pros and cons of federalism and sovereignty, from the perspective of the children, should, as AP put it, "faire l'objet de discussions scolaires, tant au niveau élémentaire qu'universitaire. Ne pas soulever ce[s] sujet[s] en classe serait irresponsable de la part des éducateurs et des parents."

As the safest option, I think that federalism is de facto taught in school. Leaving out one option that partially defines our recent history is sending the message that talking about independence is politically incorrect and taboo. The general uproar regarding the book seems to confirm that sentiment as it blew a legitimate concern out of proportion.

Consequently, my attempt in writing my reaction in Le Devoir was to bring the discussion above pure and simple partisan positions. I wanted people to reflect on what kind of education they wanted for their children. Thank you, IP, for bringing the discussion to yet another level. Perhaps I lack the very distance I was talking about in my intro to really get into a strickly intellectual discussion...

AP:

Tu as tout à fait raison quant aux sources et aux méthodes que l'on utilise pour parler de souveraineté ou de tout autre sujet qui touche, de près ou de loin, à l'éthique. Je crois que cet organisme est légitime; en tout cas il annonce ses couleurs sans gêne. Toutefois, il faudrait voir le contenu de leur publication et juger de leurs efforts. Mais c'est là le travail des professeurs qui sont dans nos écoles. Ils sont formés pour choisir le matériel pédagogique approprié et je fais confiance en leur jugement, tout en conseillant aux parents de bien sûr jeter un coup d'oeil au contenu de ce que l'on enseigne à leurs enfants. C'est peut-être en fait une partie du problème. Les parents ont si peu de temps à investir dans la vie scolaire de leurs enfants qu'ils veulent un programme "safe" qui leur évitera de s'impliquer...

En ce qui concerne mon dernier commentaire, j'avais "yinque" envie d'être "baveuse"... Tu comprendras cette reaction, non, cher polyglotte arrogant?

On ne serait pas assez naif pour croire qu'un réel bilinguisme à l'échelle nationale règlerait tous nos problèmes, mais ce serait un début en plus d'être un argument de taille pour garder les Québécois parmi nous.