29 avril 2006

Bilinguisme à la noix


J'ai lu récemment que les anglophones hors Québec qui déclarent parler français représentent 7% de cette population... quelle triste statistique!

Il n'y a pas longtemps, un journaliste du Toronto Star, Graham Fraser (un anglophone en passant), affirmait que les institutions kanadiennes ne valorisent pas suffisamment la langue française.
Anecdote intéressante: Fraser témoignait la semaine dernière à la télé d'un changement dans la formule excusant quelqu'un pour son manque de connaissance de la langue. De "Sorry, I don't speak French" on serait passé, tout bonnement, à "I don't speak French." Son essai du même titre, qui sera publié sous peu en français, accuse même les institutions fédérales AINSI QUE les universités du Canada anglais de traiter le français comme une langue étrangère. Cette dernière observation me porte à réfléchir pour une raison que ceux et celles qui me connaissent personnellment pourront reconnaître...
Fraser ajoute que la question linguistique est toujours d'actualité et menace l'intégrité du pays. Discours simpliste, alarmiste ou réaliste?

28 avril 2006

Vision pluraliste... ou fédéraliste ?

Remember my first blog? I wrote about the value of talking about all political stances in the schools so that students can develop their own opinion and exercise critical thinking and good citizenship. The Conseil de souveraineté du Québec had published a pedagogical tool advocating its political option and was being accused of being biased towards one option. Of course it is. Its members never hid their position and responded to the critics by saying that the book was published in reponse to federalist propaganda in the schools.

Now, this is what I read today in Le devoir regarding the new high school curriculum in history:

Le nouveau cours d'histoire du Canada et du Québec au secondaire, qui doit entrer en vigueur en 2007-08, fera peu mention de la Nouvelle-France ou des Patriotes et passera sous silence des épisodes comme l'acte d'Union de 1840, la conscription forcée de 1917 ou le rapatriement unilatéral de la Constitution en 1982. Le double objectif consiste à rendre l'histoire «moins conflictuelle», «moins politique» et davantage «plurielle», notamment en accordant une place plus importante aux autochtones et aux groupes non francophones, et à remplir la mission, devenue centrale dans la «réforme», «d'éduquer à citoyenneté».


Later in the article, we can read:
Dans le document, en effet, la période où a eu lieu la bataille des Plaines d'Abraham de 1759, la Proclamation royale de 1763 et l'imposition du serment du test (c'est-à-dire le reniement de l'Église catholique) fait partie d'une section dont l'intitulé est «l'accession à la démocratie dans la colonie britannique». On peut en effet découvrir ceci : «Alors qu'elle avait été autorisée dès 1763, ce n'est qu'en 1791 que, par l'Acte constitutionnel, la Chambre d'assemblée est créée.»

The conceptors of the new curriculum defend their position by arguing the following:

«Il s'agit de sortir du cadre habituel Il s'agit de sortir du cadre habituel d'une histoire structurée autour des conflits entre les francophones et les anglophones pour faire une histoire plus rassembleuse», explique Jean-François Cardin, un historien-didacticien de l'Université Laval... le professeur Jocelyn Létourneau, lui aussi de l'Université Laval et très critique du nationalisme, salue «l'ambition générale [de ce cours] d'en finir avec l'espèce de vision misérabiliste qui perdure dans la vision historique des Québécois.»
I bet you anything this won't get as much press as what the Conseil de souveraineté du Québec got a few weeks ago, when NOBODY was even suggesting to make the book part of the curriculum.

21 avril 2006

Insécurité linguistique... même sur Internet!

En lisant le journal ce matin, je suis tombée sur un article révélant les résultats d'une étude fort intéressante qui s'est amusée à comparer les pages web personnelles de 50 Français et de 50 Québécois, en postulant que leur site constituait en quelque sorte un «miroir identitaire.»
Quelle ne fut pas ma surprise de constater, avec un léger sourire de satisfaction d'abord et avec une mine de déception ensuite, que les Français et les Québécois ont des comportements culturels différents. Voici pourquoi :

Français et Québécois sont de proches cousins, mais personne ne niera qu'ils se distinguent à de nombreux égards. Deux psychologues français ont relevé de nouvelles différences culturelles en analysant la façon dont les uns et les autres se présentent au monde sur Internet. Leur conclusion: dans la société française, les femmes sont soumises aux hommes. Au Québec, ce rapport de force entre les sexes est moins marqué. Il se situe plutôt entre francophones et anglophones.
Victoire douce-amer en effet de constater que les Québécoises sont plus libérées que leurs voisines, mais de lire ensuite que les Québécois, autant les hommes que les femmes, sont «soumis» au monde anglophone. Les chercheurs avancent que

la société québécoise étant un micromonde dans le continent nord-américain (...) cette soumission, en l'occurrence au monde anglophone, produit une façon de penser le monde et surtout une présentation au monde qui intègre davantage des valeurs de rapports conflictuels, d'occupation du terrain ou de pouvoir.
Doit-on prendre au sérieux une telle interprétation? Les résultats, obtenus à partir d'une analyse lexicale automatisée et présentés dans le cadre de la 18e Conférence francophone sur l'interaction humain-machine tenue à la Polytechnique, portent quand même à réfléchir.

20 avril 2006

Jusqu'à c'qu'il n'y ait plus rien...

Last Friday I learned in Le Devoir that Harper was sending "15 programmes à la déchiqueteuse" (shredder) to save 105 million dollars, cutting the budget in programs fighting against global warming by 28%. Environment Canada will be hit BIG time as well, with a budget cut attaining 80% in its global warming programs (see You-Know-Who's blog for more details). This did not come as a big surprise, but it was a sad day nonetheless.

This morning, I was pleased to read in the same paper that 90 Canadian scientists, including researchers at Environment Canada, "ont signé hier une déclaration publique dans laquelle ils soulignent au gouvernement Harper 'l'urgence d'agir contre la menace des changements climatiques'." The newspaper indicates that this unprecedent initiative was a reply to an open letter - denying the global warming effects - published in the National Post by 60 scientists (only twenty of whom were Canadian). Our very own Gordon Swaters, mathematician and oceanographer at the University of Alberta, who had signed the first missive, also autographed the new declaration. One wonders... did oil lobbying had anything to do with his first signature?!

I really don't know what to do to help environmentalists. For now, my only reply - albeit a romantic one - to Harper's plans is this song, entitled "Plus rien", by les Cowboys fringants.

Il ne reste que quelques minutes à ma vie
Tout au plus quelques heures je sens que je faiblis
Mon frère est mort hier au milieu du désert
Je suis maintenant le dernier humain de la terre

On m'a décrit jadis, quand j'étais un enfant
Ce qu'avait l'air le monde il y a très très longtemps
Quand vivaient les parents de mon arrière grand-père
Et qu'il tombait encore de la neige en hiver

En ces temps on vivait au rythme des saisons
Et la fin des étés apportait la moisson
Une eau pure et limpide coulait dans les ruisseaux
Où venaient s'abreuver chevreuils et orignaux

Mais moi je n'ai vu qu'une planète désolante
Paysages lunaires et chaleur suffocante
Et tous mes amis mourir par la soif ou la faim
Comme tombent les mouches...
Jusqu'a c'qu'il n'y ait plus rien...Plus rien...Plus rien...

Tout ça a commencé il y a plusieurs années
Alors que mes ancêtres étaient obnubilés
Par des bouts de papier que l'on appelait argent
Qui rendaient certains hommesvraiment riches et puissants

Et ces nouveaux dieux ne reculant devant rien
Étaient prêts à tout pour arriver à leurs fins
Pour s'enrichir encore ils ont rasé la terre
Pollué l'air ambiant et tari les rivières

Mais au bout de cent ans des gens se sont levés
Et les ont avertis qu'il fallait tout stopper
Mais ils n'ont pas compris cette sage prophétie
Ces hommes-là ne parlaient qu'en termes de profits
...

14 avril 2006

Intégrisme nouveau genre

Funny how spending time outside of "home" gives you a critical eye on everything "your" people do or say. It is a very healthy yet sort of schizophrenic perspective that is sometimes refreshing, sometimes annoying. Being in Western Canada is interesting in that regard. I'm still home, but not quite, so this distance provides me just enough access to what goes on in Québec to stimulate my sceptical radar. The last saga...
The Conseil de la souveraineté du Québec (CSQ) (http://www.souverainete.info) recently published a pedagogical tool entitled Parlons de souveraineté à l'école. Their agenda is by no means hidden: they promote sovereignty. The goal behind their book couldn't be more obvious:

le Conseil de la souveraineté a lancé un guide pédagogique faisant la promotion de la souveraineté destiné aux élèves de la maternelle à l'université (http://www.radio-canada.ca/radio/maisonneuve).

Pretty straightforward, isn't it?
Now, I have not seen the book... I have just heard of comments here and there, so I cannot comment on the quality of the pedagogical materials. Nonetheless, it seems to me that everyone is so concerned with the public opinion that even André Boisclair, the Parti Québécois leader, dismissed its pedagogical value right off the bat. The consensus that emerged is that it should not be part of the curriculum. Okay, fair enough.
But let's ponder two aspects of the issue. First of all, this book was not commissioned by a governmental agency of any kind. A group of citizens thought that their opinion was as valid as anyone else's and decided to publish a book that would give teachers means to talk about an "other" political option. I think this deserves respect.
Secondly, people got mixed up between the real issue and their own emotional and political nonsense. Some talked about skewed curriculum, the greatness of our country, and even indoctrination. Wait a minute here... If children are NOT learning about sovereignty in school, what it means and would entail, but only discuss traditional Canadian history and political system, couldn't THAT qualify as indoctrination? It seems doubtful that pupils are actually learning about all political options, as CSQ points out:
Le Conseil de la souveraineté juge nécessaire de publier un tel outil en réponse à ce qu'il juge être de la propagande fédéraliste en milieu scolaire. Publié aux éditions Les Intouchables, l'ouvrage sera disponible en vente libre, mais ne sera pas imposé dans les écoles (http://www.radio-canada.ca/radio/maisonneuve).
In any case, it became clear to me that very early on in the debate people forgot about the very purpose of the book itself. Our responsibility as adults towards our children is Education, that's right with a big E. I got so upset that I decided to write a response in Le Devoir (April 5, 2006). Here is my reaction:

Il ne s'agit pas ici de faire le procès de l'idéologie souverainiste ou fédéraliste, mais simplement de décider si nous voulons, oui ou non, donner à nos enfants les outils nécessaires pour devenir libres penseurs et citoyens avertis. Nous savons tous que les livres d'histoire présentent une version biaisée de la réalité, celle des conquérants bien sûr. Le meilleur exemple nous vient des Antilles françaises, où pendant longtemps on apprenait aux écoliers qu'ils étaient descendants... des Gaulois !


Une initiative visant à informer nos élèves de toutes les options politiques existantes, à leur permettre d'analyser le pour et le contre de chacune, me semble tout à fait sensée. Ils n'en seront que mieux servis et pourront prendre une décision réfléchie lorsqu'ils se présenteront aux urnes. Pourquoi avons-nous peur de former nos jeunes esprits à développer leur pensée critique ?

Nous nous indignons lorsque les écoles américaines refusent de mettre à leur programme la théorie de l'évolution... Faire de l'option souverainiste un tabou ne revient-il pas à un intégrisme nouveau genre ?

Since you're probably wondering... As for my own position on the independentist option, I have spent so much time outside of Québec that I don't know anymore. But one piece of advice, if I may: for those of you Canadians who did not understand my comment in Le Devoir, hurry up and learn French before it's too late...